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Raindrop 1587994

Réutilisation des eaux usées pour l'agriculture

14 June 2021

Le CIHEAM Zaragoza conjointement avec le CIHEAM Bari, ont organisé récemment un cours approfondi sur l’utilisation des eaux régénérées pour l’agriculture, s’adressant au personnel spécialisé en matière de gestion de l’eau et d’irrigation dans la région méditerranéenne. Ce cours s’est déroulé du 17 au 25 mai 2021, avec l’appui institutionnel de l’ICARDA (International Center for Agricultural Research in the Dry Areas), de l’IWMI (International Water Management Institute) et du Projet ReWater MENA, ainsi que du Bureau Régional pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord de la FAO (Food and Agriculture Organization) et du Plan d’Action de la Stratégie sur l’eau du Dialogue 5+5.

Dix-neuf experts provenant des différentes institutions coorganisatrices, centres de recherche, universités et compagnies de divers pays ont délivré les conférences. Tous les intervenants étaient de grands experts dans leurs domaines d’action respectifs, et pendant le cours ils ont eu l’occasion non seulement de démontrer leurs connaissances, mais aussi de débattre et de répondre aux questions posées par plus de 50 professionnels qui ont participé à ce cours, et qui étaient rattachés au secteur de l’eau et provenaient de 16 pays de la région méditerranéenne (Algérie, Égypte, Irak, Syrie, Jordanie, Yémen, Turquie, Maroc, Tunisie, Albanie, Liban, Espagne, Palestine, Soudan, Mauritanie et Italie). Pour des raisons de sécurité face à la situation de pandémie, le cours a eu lieu en ligne, car nous disposions de toutes les infrastructures et équipements nécessaires dans ce sens, ainsi que d’un système d’interprétation en temps réel qui a permis aux participants de suivre le cours en trois langues différentes (espagnol, français et anglais).

Pendant le cours se sont déroulées des sessions spécifiques pour traiter les aspects liés à la qualité de l’eau régénérée aussi bien du point de vue sanitaire qu’agronomique ; les réglementations et les normes de réutilisation exigées au niveau national et international ; les nouveaux systèmes d’aménagement et de traitement existants dans les stations d’épuration des eaux usées ; les effets à court, moyen en long terme que l’utilisation des eaux régénérées peut avoir sur la production des cultures et la contamination des sols ; et les effets collatéraux que l’utilisation de ce type d’eaux dans l’agriculture peut entraîner sur les aspects environnementaux et socio-économiques. Des séances pratiques ont également eu lieu lors du cours, où des visites virtuelles ont été effectuées (à travers le visionnement de vidéos) sur les processus d’épuration et de réutilisation des eaux dans la Région de Murcie (un des pôles d’innovation les plus actifs dans ce domaine de la réutilisation). Un travail pratique a aussi été mené pour faire le point et rédiger un projet de réutilisation simulé où les différents participants devaient jouer des rôles d’acteurs spécifiques (autorité des ressources en eaux, gestionnaire de station d’épuration, usager final de la ressource, etc.). Ce jeu de rôle a servi à appliquer les connaissances techniques acquises dans le cadre du cours, de même que pour évaluer la complexité et la multidisciplinarité qu’implique le développement d’un projet de réutilisation des eaux régénérées dans le secteur agricole.

La combinaison de communications théoriques et le développement d’exercices pratiques ont permis aux participants d’acquérir les connaissances nécessaires pour être en mesure de mettre en place les pratiques de réutilisation de l’eau dans l’agriculture dans leurs pays respectifs, en considérant la nécessité d’un choix adéquat et précis du système d’épuration à appliquer, compte tenu des contraintes agronomiques présentes dans les systèmes d’irrigation choisis, de l’importance de la perception sociale et environnementale du projet et de l’analyse précise des coûts que la mise en place d’un projet de ces caractéristiques implique. L’objectif final est d’essayer d’uniformiser les critères d’action entre les divers pays participants à travers la formation de leurs gestionnaires principaux, de manière à ce que, dans toute la région méditerranéenne, face à un problème commun de pénurie des ressources en eau conventionnelles, soient appliquées des approches de réutilisation semblables qui tiennent compte de l’importance environnementale, agronomique et sociale de ces pratiques d’irrigation.