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Authenticity

Outils et méthodes innovants pour garantir l'authenticité des produits de la mer

16 June 2021

Un cours approfondi pour professionnels sur “ Outils et méthodes innovants pour garantir l'authenticité des produits de la mer ” a été organisé en ligne du 26 avril au 6 mai 2021, par le CIHEAM Zaragoza, conjointement avec le projet SEA-TRACES financé par le programme européen INTERREG Espace Atlantique, et la Division des Pêches de la FAO.

Les 178 candidatures reçues en provenance de 33 pays différents d’Europe, Afrique, Amérique Latine et Asie, montrent l’intérêt de la thématique de ce cours. Finalement ont assisté au cours un total de 30 professionnels de 17 pays (Algérie, Argentine, Égypte, Espagne, Guinée Conakry, Inde, Liban, Libye, Maroc, Portugal, Santo Tomé, Sri Lanka, Suède, Tanzanie, Tunisie, Turquie et Royaume-Uni) appartenant à des institutions publiques et à l’industrie des produits de la mer, tels que membres des autorités compétentes des contrôles officiels, ONG, conseillers techniques et professionnels d’institutions de R+D travaillant en matière de contrôle et de gestion des produits de la mer.

Lors des 9 sessions en ligne en direct, neuf experts invités de grande renommée provenant de centres de recherche, d’universités et de compagnies privées de différents pays, ont délivré le programme de conférences, qui comprenait également des exemples appliqués, des études de cas réels et des débats, dans l’objectif d’introduire les participants aux outils et méthodes innovants pour assurer l’authenticité des produits de la mer. Les thèmes spécifiques abordés par les conférences lors du cours étaient répartis en sessions sur : le commerce mondial des produits de la mer ; la fraude alimentaire dans la chaîne de valeur des produits de la mer ; la garantie de l'authenticité des produits de la mer ; les méthodes visant à garantir l'authenticité des produits de la mer : des études de cas de SEA-TRACES ; et une série de travaux et d’exercices pratiques sur l’analyse de l'étiquetage des produits de la mer pour des produits et pays différents, sur les méthodes d'analyse d'ADN et de protéines, sur FoodChain Lab, et sur l’utilisation de méthodes rapides sur place.

Le coût de la fraude alimentaire pour l’industrie alimentaire mondiale dans son ensemble est estimé à environ 30 milliards d’euros, ce qui constitue une menace pour la durabilité des chaînes d’approvisionnement. Afin de garantir la durabilité et de répondre aux besoins de lutte contre la fraude dans la chaîne globale de commercialisation des produits de la mer, un système effectif de traçabilité à fondement scientifique doit être en mesure d'identifier les espèces et l'origine géographique, et de faire la distinction entre produits sauvages de capture et produits d'élevage. Le système doit aussi être capable d'identifier produits frais et congelés, ainsi que les nombreuses formes différentes de produits de la mer transformés qui font actuellement l'objet de commerce.

Le cours a débuté par la présentation des organisateurs : CIHEAM, FAO et SEATRACES. Un aperçu du projet SEATRACES a été exposé par la coordinatrice Carmen G. Sotelo. Le projet vise à développer des outils pour parvenir à un meilleur contrôle de la traçabilité et de l’étiquetage des produits de la mer. Deux sessions introductives délivrées par John Ryder de la FAO ont abordé l’importance mondiale des produits de la mer pour la nutrition humaine et pour l’ensemble des filières de production et de commercialisation de ce type de produits. Lors d’une autre session a été examiné le problème de la fraude alimentaire et en particulier la fraude sur les produits de la mer, en fournissant de nombreux exemples de cette activité illicite et de son impact aussi bien pour l’industrie que pour les consommateurs.

Plusieurs conférences ont montré la base théorique des principaux outils disponibles pour évaluer l’authenticité. La Dre Mónica Carrera du CSIC a expliqué l’emploi des outils protéomiques pour l’identification des espèces, en se focalisant sur l’utilisation et la puissance de la spectrométrie de masse pour une identification rapide des espèces de poissons, à condition qu’il existe une base de données à l’appui d’une identification correcte des peptides spécifiques présents dans l’échantillon. Le Dr Miguel Angel Pardo d’AZTI et la Dre Carmen G. Sotelo du CSIC ont abordé l’utilisation de différentes méthodes d’analyse d’ADN pour différencier les espèces. Parmi les méthodes expliquées, il convient de mentionner les suivantes : PCR, PCR en temps réel, amplification isothermique, séquençage d’ADN (Forensically informative Nucleotide Sequencing, FINS), sondes d’ADN et instruments et techniques portables. La Dre Françoise Denis du MNHN a poursuivi sur d’autres méthodes, généralement décrites sous le terme omiques, pour résoudre différents problèmes d’authenticité tels que la présence de mélange d’espèces dans les produits transformés, grâce à la Next Generation Sequencing, ou l’analyse du microbiote pour identifier l’origine ou les méthodes de production, et les SNP (Single Nucleotide Polymorphisms) pour différencier les populations et l’origine géographique.

La Dre Idoia Olabarrieta d’AZTI a passé en revue des techniques non destructives et rapides telles que NIR, Raman et NMR pour la différenciation des poissons sauvages et des poissons d’élevage. Elle a également présenté l’analyse chimiométrique et les avantages de la coupler avec la spectroscopie NIR et la Time Domain Reflectance pour la détection d’ajout d’eau ou d’utilisation d’un processus de congélation préalable pour les poissons vendus non surgelés. Elle a montré que l’emploi de ces technologies avancées (p. ex. spectroscopie vibrationnelle et chimiométrie) pouvait contribuer à améliorer l’authenticité des produits de la mer.

La validation et la standardisation sont des conditions importantes pour toute méthode analytique. Ce thème a été décrit par Mme Ute Schröder du MRI, qui a donné quelques exemples du processus de validation pour l’identification d’espèces de poissons par des méthodes basées sur ADN, telles que le séquençage d’ADN et les méthodes qualitatives qPCR. Dans le cas des méthodes qPCR, elle a également présenté ce concept ainsi que la détermination d’importants paramètres tels que la spécificité, crosstalk, limite de détection (LOD), efficience, linéarité et robustesse.

Un autre élément déterminant pour assurer l’authenticité des produits de la mer est la traçabilité, et ce thème a été présenté par M. Valur N. Gunnlangsson, de Matis. Lors de son exposé, il a expliqué les importants bénéfices apportés par la traçabilité, tels que transparence de la chaîne d’approvisionnement, contrôle de la qualité, économie de coûts, lutte contre la pêche INDND, entres autres. Des défis majeurs pour l’industrie des pêches ont aussi été identifiés et discutés, comme la définition d’Unités de Ressources Traçables, pouvant augmenter ou diminuer la granularité de l’information transférée d’un maillon à l’autre le long de la chaîne de valeur des produits de la mer, et la nécessité de formats standardisés pour permettre l’échange de cette information.

Certains des cas d’étude de SEATRACES ont également été présentés. La Dre Angeles Longa a parlé de l’Appellation d’Origine Protégée (AOP) “Mejillón de Galicia” et des bénéfices économiques et socio-économiques associés à l’appellation pour la région de Galice (nord-ouest de l’Espagne). La Dre Françoise Denis a passé en revue les appellations et les labels pour les huîtres en France, le Dr. Miguel Angel Pardo a expliqué l’étude menée par AZTI sur le label “Anchoa del Cantábrico” qui comprenait une étude de consommateurs pour évaluer l’application potentielle de l’AOP à cette espèce traditionnelle du nord de l’Espagne. Finalement, la Dre Carmen G. Sotelo a commenté l’étude économique et socio-économique menée en Galice pour évaluer les bénéfices d’un label qui aide à reconnaître les pêches artisanales en Galice.