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Nouveaux aliments et systèmes d’alimentation en aquaculture

08 July 2021

Un cours approfondi pour professionnels intitulé “Nouveaux aliments et systèmes d’alimentation en aquaculture” a été organisé en ligne du 14 au 23 juin 2021, par le CIHEAM Zaragoza conjointement avec le projet UE H2020 MedAID (Mediterranean Aquaculture Integrated Development, financé sous convention de subvention nº 727315), avec la collaboration des projets UE H2020 PerformFISH (Integrating Innovative Approaches for Competitive and Sustainable Performance across the Mediterranean Aquaculture Value Chain) et NewTechAqua (New technologies Tools and Strategies for a Sustainable, Resilient and Innovative European Aquaculture).

Les 166 candidatures reçues en provenance de 36 pays différents d’Europe, Afrique, Amérique Latine et Asie, sont la preuve du grand intérêt suscité par la thématique de ce cours. Finalement ont assisté au cours un total de 49 professionnels de 19 pays (Algérie, Belgique, Brésil, Colombie, France, Grèce, Égypte, Équateur, Espagne, Irlande, Italie, Maroc, Norvège, Pérou, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni, Tunisie et Turquie) provenant d’universités et de centres de R+D ainsi que de compagnies d’aquaculture et de l’industrie des aliments aquacoles.

Lors des 8 sessions en ligne en direct, 13 experts provenant d’organisations et d’institutions parmi les plus renommées, ont délivré un programme de conférences, comprenant également des exercices appliqués de formulation, un travail de groupe et des débats sur les thématiques du cours, dans l’objectif d’offrir une révision des ingrédients actuels et à venir pour les aliments, à examiner quels seraient les facteurs devant influencer le choix de l’aliment-poisson et comment sont améliorées les stratégies et les technologies d’alimentation. Les intervenants appartenaient à des institutions telles qu’Université de Bologne, IRTA, Bluegrove, NOFIMA AS, Seafoodmatter, Université de Las Palmas de Gran Canaria, Groupe Dibaq et HCMR.

Les thématiques abordées lors du cours correspondaient à des sessions sur : i) Comment sélectionner le meilleur aliment pour la ferme piscicole, ii) Comment évaluer un aliment, iii) Comment utiliser l’aliment, iv) Besoins des clients et législation sur les aliments aquacoles, v) Essais d’aliments, et vi) Conclusions et recommandations du projet MedAID pour l’amélioration des performances zootechniques.

Pour ce qui est de la session “Comment sélectionner le meilleur aliment pour la ferme piscicole”, A. Bonaldo de l’Univ. Bologna a fait trois présentations pour introduire les participants aux différents facteurs à considérer pour l’alimentation des poissons (besoins nutritionnels des différentes espèces, systèmes de production – intensifs, RAS, extensifs – et conditions environnementales – y compris densité des poissons). Des questions ont été posées relatives à l’utilisation des RAS et à la manière de contrôler la qualité de l’eau.

Concernant la session “Comment évaluer un aliment”, B. Hatlen de Nofima, a passé en revue les matières premières protéiques, le profil en acides aminés et les sources de protéines nouvelles et potentielles, y compris les microalgues et macroalgues, les sous- produits animaux et les sous-produits industriels. Il a également fait une présentation sur l’utilisation des hydrates de carbone et l’énergie dans l’aliment et l’utilisation de l’amidon comme liant, ainsi qu’une troisième sur l’amidon et l’énergie, en se focalisant sur les effets de la substitution protéique et l’augmentation des hydrates de carbone et les problèmes liés à la taille et à la composition du point de vue hépatique. M. Carvalho (Univ. Las Palmas de Gran Canaria) a disserté sur l’importance des lipides dans les régimes, en particulier les acides gras essentiels EPA et DHA et l’équilibre entre eux. Une grande partie de la présentation était également liée aux sources de lipides nouvelles et potentielles (microalgues, krill, plantes génétiquement modifiées) et à leur utilisation en Europe. E. Gisbert (IRTA) a commenté l’emploi d’additifs (prébiotiques, probiotiques, bêta-glucanes, etc.) en tant qu’immunomodulateurs, améliorateurs du microbiome, etc. T.A. Samuelsen (Nofima) a abordé les technologies pour l’aliment et les différents facteurs (température, humidité) nécessaires pour une bonne fabrication de granulés en fonction des caractéristiques requises (taille, flottabilité, etc,).

Finalement, un travail pratique en groupe sur “comment les ingrédients influencent la formulation de l’aliment-poisson” a été organisé par Nofima (T.A. Samuelsen, M. Moren). Les participants ont été distribués en 6 groupes et il leur a été demandé de travailler sur une archive Excel préconçue pour formuler 3 types d’aliments (1) Aliment optimal en termes de composition nutritionnelle (2) Aliment à bas prix couvrant les besoins minimaux en nutriments et (3) un aliment à haute durabilité tenant compte de l’empreinte CO2. Les résultats ont été présentés le dernier jour du cours.

Quant à la session “Comment utiliser l’aliment”, elle a comporté quatre conférences. L. Parma de l’Univ. Bologna a présenté les facteurs impliqués dans l’alimentation des poissons, y compris les facteurs environnementaux, la physiologie des poissons, la composition, l’attractivité et la taille des granulés, etc. Il a présenté les résultats des essais menés dans le cadre du projet MedAid (densité de poissons, fréquence des prises d’aliment, variations de température et d’alimentation) et les facteurs qui affectent l’ingestion alimentaire tels que le stress chronique. Ensuite, N. Papandroulakis (HCMR) a fait une présentation très intéressante sur les méthodes et les technologies d’alimentation des poissons dans les cages ainsi que les paramètres à considérer. Il a aussi montré plusieurs systèmes utilisés dans les cages en mer pour une alimentation automatique, et pour l’estimation de la biomasse de poissons dans les cages.

E. Meseguer de Dibaq a fait une présentation détaillée et pratique sur la façon de programmer l’alimentation dans les cages en mer ou les bassins (ou tout autre type d’installation aquacole) selon les espèces, la maturation, la croissance durant l’année, le nombre de cages ou de bassins, les conditions d’élevage et la sélection de la quantité et qualité de l’aliment (été et hiver), la fréquence d’alimentation (selon la taille des poissons, l’emplacement de la ferme aquacole, les conditions environnementales), tout ceci sous la dépendance du plan de marché de la ferme. Son interaction avec les participants a été très active, en donnant des informations sur les indicateurs alimentaires, et des détails pratiques en termes, par exemple, du nombre de granulés par kg d’aliment en fonction de la taille. Finalement une présentation sur l’application de l’intelligence artificielle pour l’alimentation en aquaculture a été faite par O. Fretheim (Bluegrove, Norvège), qui a donné des informations sur le nouveau software CageEye pour mesurer le comportement et la distribution des poissons dans les cages en mer et la réaction du stock de poissons durant les prises d’aliment, ainsi que la température de l’eau, la pénétration de la lumière et autres conditions environnementales dans les cages en mer. Avec cette information les systèmes ajustent l’alimentation selon le comportement alimentaire des poissons. La session s’est terminée sur un débat qui a porté notamment sur l’utilisation des nouvelles technologies dans différentes régions d’Europe et de la Méditerranée.

Lors de la session “Adaptation aux besoins des clients et défis pour ce faire”, M. Hidalgo (Seafoodmatter) a commencé par une présentation sur les différentes certifications, et les organismes chargés de ces certifications, en liaison avec les ingrédients de l’aliment, les pêcheries, les projets d’amélioration des pêcheries, les ingrédients alternatifs pour l’aliment, etc., y compris les conditions de travail (pêcheries, compagnies, détaillants, etc.) et la production biologique. De nombreuses informations ont été données sur les réglementations et les organismes chargés de ces certifications, menant à un bon échange d’idées et d’information avec les participants. Ensuite, A. Tiana, de Dibaq, a fait une révision très complète et actualisée du cadre juridique relatif à l’utilisation d’ingrédients et à la formulation de l’aliment, aux ventes, à l’emploi d’OGM, pour la production des aliments aquacoles. A. Tiana a signalé quelques importantes différences de réglementation entre pays, et a donné une information détaillée sur la liste des ingrédients et additifs (antioxydants, colorants, arômes, vitamines, minéraux, acides aminés, probiotiques, etc.) permis pour la production d’aliments aquacoles et sur ce qui doit être ajouté sur l’étiquette du produit. La session s’est terminée sur un débat portant notamment sur la réglementation de l’UE pour les ingrédients ou la durabilité, l’utilisation des PAT dans les aliments, les importations de poisson à partir de pays qui ne suivent pas les réglementations de l’UE, etc.

La session sur “Essais d’aliments” visait à aider les participants à mettre au point des essais pour mieux adapter les aliments et l’alimentation aux conditions et systèmes de production de la ferme aquacole. Elle a commencé par une présentation sous forme de révision par A. Estevez (IRTA) sur Benchmarking et essais de terrain, où ont été présentés différents cas réels, y compris l’étude de cas de l’essai du projet MedAID sur daurade. Ensuite, un travail pratique de groupe a été organisé pour mettre au point les essais pour trois cas : a) évaluer les effets de 3 aliments commerciaux sur la qualité finale des poissons pour le grossissement de daurades de 200 g à 400 g ; b) évaluer 5 aliments commerciaux différents conçus pour améliorer la croissance et l’efficience alimentaire chez les juvéniles de truite arc-en-ciel ou de saumon ; et c) évaluer l’utilisation d’un nouvel ingrédient (différents niveaux d’inclusion de farine d’insectes) chez le tilapia (100 g de poids initial). La session s’est terminée sur la présentation et la discussion des résultats des groupes, et sur une présentation de M. Moren (Nofima) donnant des recommandations judicieuses sur la manière de concevoir et d’exécuter un bon essai d’aliments.

Le cours s’est achevé sur une présentation de A. Estevez concernant les principales conclusions et recommandations du projet MedAID pour l’amélioration des performances zootechniques (Work-package 2), où les participants ont également été consultés et il leur a été demandé de faire part de leurs réactions.